5 septembre – Condom à Montréal du Gers, 19 km

Il y a foule ce matin dans la salle à déjeuner du Relais Saint-Jacques. Plusieurs groupes, en majorité des femmes, sont arrivés hier et débutent leurs marches de quelques jours ici.  La générosité de Laurent et Arnaud est incroyable.  Ils mettent à notre disposition du thé, du café, des céréales, des fruits, des œufs, des yogourts et une énorme quantité de pains et de confitures.  Il y a même du Nutella,  ce qui rendrait bien heureuses mes petites-filles. 

Nous partons par la route vers 8h00 et il y a beaucoup de circulation. Dès que nous traversons le pont de la Baïse, déjà c’est plus calme.  Nous longeons la rivière sur une courte distance puis partons par les champs. La brume se lève petit à petit et le soleil jaillit à travers les nuages.

Le long de la rivière Baïse

Champ de sorgho
Au bout de 5 kilomètres, nous quittons le GR65 pour aller visiter la cité médiévale de Larressingle. A l’intérieur des murs, seulement 9 personnes y vivent à l’année longue, dont 2 petites familles qui possèdent des vignes dans les alentours.  Cependant, durant l’été ils reçoivent un grand nombre de visiteurs. Une dame nous dit que l’année prochaine, le GR65 passera officiellement par Larressingle, ce sera donc impossible de manquer ce village classé parmi les plus beaux villages de France.

Le pont-levis de Larressingle


Le chevalier et la reine




Nous retrouvons le GR65 en passant par le pont d’Artigues et marchons le long des champs et des vignes pendant 11 kilomètres. Nous cherchons un endroit pour pique-niquer. Il y a bien de gros arbres qui offrent un peu d’ombre mais finalement nous choisissons deux rondins de bois qui se trouvent le long d’une maison. C’est à ce moment que je réalise que j’ai oublié dans le congélateur du gîte l’ice pak, acheté la veille, qui devait garder au frais le fromage, le yogourt et les œufs.

Sur le pont d'Artigues

Sur le GR65 pendant 11 km 
Nous arrivons à Montréal vers 14h00.  C’est un petit village orné de beaucoup de fleurs que l’on traverse en 15 minutes avant d’arriver à la place centrale.  Nous logeons aujourd’hui à la ferme Le Couloumé qui se trouve à un kilomètre après Montréal en quittant le GR65.  Heureusement l’Office du Tourisme est ouvert et la dame peut nous expliquer comment s’y rendre, ce qui nous évite de se perdre une autre fois. C’est un endroit tranquille tenu par Annick et sa mère. Il y a une piscine mais nous nous contentons de faire la sieste sur les chaises longues sous la pergola.  Nous sommes 13 à souper sur le patio ce soir. Annick est une cuisinière hors pair et nous nous régalons. Nous rencontrons Christophe, le fils d'Annick. Il nous dit avoir rencontré Dave Morissette lors de son voyage sur le Chemin de Compostelle et être resté en contact avec lui. Alors, à la demande de Serge, il lui a envoyé un message disant que "le but d'Alain Côté des Nordiques contre les Canadiens était bon".  

Le petit Montréal

Rue de Montréal du Gers

Gîte le Couloumé

Nous ne faisons même pas trempette

3, 4 septembre – La Romieu à Condom, 16 km

En ce dimanche matin, le déjeuner est servi à 8h00 dans la magnifique salle à manger de l’Étape Angéline. Non, Angéline n’est pas le nom de la propriétaire mais d’une fille du village qui aimait beaucoup les chats et qui en avait en grand nombre.  A l’époque où la peste faisait des ravages en Europe, le village de La Romieu fut épargné et il semblerait que ce fut grâce aux chats d’Angéline qui chassaient tous les rats hors du village. C’est pourquoi de nos jours, on voit des sculptures de chats partout.

En l'honneur des chats d'Angéline



Aujourd’hui, nous traversons des champs vallonnés où les foins ont déjà été coupés, des fermettes où les poules et les chèvres nous regardent passer.  Un fermier et sa mère s’affairent à placer une clôture pour faire traverser dans un autre champ leurs vaches, les si jolies blondes de l’Aquitaine.  Nous nous attardons pour jaser avec eux. Oui, nous disent-ils, c’est beaucoup d’ouvrage une ferme mais nous aimons notre travail. 


Les blondes de l'Acquitaine


Voulez-vous du fromage?
Au bout de 5 kilomètres, nous nous arrêtons au village de Castelnau sur L’Auvignon où il y a un point d’eau, des tables de pique-nique et même des toilettes, tout ce que les pèlerins ou simples marcheurs ont besoin.  Nous y retrouvons les deux couples belges qui croisent notre route depuis quelques jours. En 1942, un foyer de résistance regroupant des gens de plusieurs nationalités s’était organisé à Castelnau. Le village commémore leurs actes héroïques en racontant leur histoire sur de grands panneaux près de l’église.

A Castelnau sur l'Auvignon

Je ne bouge pas pour les 30 prochaines minutes
Nous traversons le village, puis retrouvons la campagne qui s’étend sur 11 kilomètres jusqu’à Condom. Aucune table de pique-nique ni point d’eau en vue, nous faisons donc halte le long d’un champ de vignes pour pique-niquer dans l’herbe. Au cours de ces longs kilomètres, je sens la fatigue accumulée depuis plusieurs jours  Heureusement, je peux écouter sur mon téléphone le livre-audio commencé depuis quelques jours.  Il s’agit du livre « Somewhere in France » dont l’histoire se déroule au cours de la guerre 14-18, dans un hôpital militaire où des femmes de l’armée britannique (WACS) conduisent les ambulances et y ramènent les hommes qui se font tuer ou blesser sur le front. Avec un livre comme ça, j’oublie facilement mes petites misères. 

Il faut prendre la route à gauche

Village de Castelnau sur l'Auvignon

Serge dans le pré

Invitante cette maison


L'endroit où nous pique-niquons
Nous arrivons en vue de Condom vers 13h30. Notre gîte pour les deux prochains jours est situé au Relais St-Jacques. Les propriétaires, Laurent et Arnaud, nous reçoivent comme si nous étions des membres de leur famille. Au lieu d’une simple chambre, il nous offre un petit studio très moderne avec grande chambre, une cuisine et une salle de bain à l’italienne. On ne pouvait rêver mieux pour notre repos de deux jours. Nous nous installons confortablement et prenons une longue sieste.  En soirée, nous nous rendons dans la vieille partie du village pour souper et y retrouvons un des deux couples belges.  C’est la fin de la marche pour eux, ils repartent demain matin pour la Belgique.

Voici Condom

Vers la vieille ville

La cathédrale Saint-Pierre



Voilà comment égayer des murs de pierre!

Voici notre logis pour deux jours
Lundi, nous prenons au sérieux notre journée de repos : sieste en avant-midi, sieste en après-midi, petit tour dans la vieille ville pour avoir bonne conscience. Pour souper, je fais cuire le repas de chili déshydraté qui a fait le voyage avec nous et pour dessert, Serge a acheté des pâtisseries à la boulangerie d’en face.  La vie est belle!

2 septembre – Lectoure à La Romieu, 19 km

C’est un départ tardif ce matin (8h30) car Serge a tellement de choses à raconter à nos voisins de table. J’ai bien essayé de lui faire signe sous la table mais j’étais trop loin.

Nous sortons de Lectoure par les nombreux escaliers en pierre du château des comtes de l’Armagnac. Au 18e siècle, une partie du château fut détruite pour construire un hôpital.  Le long des champs, nous voyons des tournesols qui ont une seconde vie. Après la coupe, quelques-uns rejaillissent avec leurs plus belles couleurs.

La descente par le château des comtes de l'Armagnac

Quelques tournesols tenaces
Nous marchons dans des sentiers boueux car il a plu la nuit dernière.  Nos souliers transportent la terre glaiseuse jusqu’au village de Marsolan. Un habitant de Marsolan nous dit « Ah! Vous avez marché dans des sentiers où la terre est amoureuse » Quelle jolie expression! Nous nous attablons au petit restaurant « Le Chemin de table » juste à côté de l’église. Ça sent la bonne soupe, nous ne pouvons résister.   La dame nous sert une délicieuse soupe aux courgettes. 

Au Chemin de table à Marsolan
Nous reprenons la route à travers la campagne en compagne de deux couples belges rencontrés au restaurant. Il n’y a pas d’autres villages sur le chemin aujourd’hui, seulement des fermettes avec quelques animaux, des potagers et des champs de culture.

Dans la campagne du Gers



Vers 13h00 nous nous arrêtons pour pique-niquer sur le muret d’une résidence. Le menu est assez simple : thon, fromage en crème, olives noires et pain brun. Ceci est suffisant pour nous donner assez d’énergie pour se rendre au village La Romieu, notre destination, mais pas assez pour faire disparaître mon mal de dos.  

Pique-nique sur le muret d'une résidence
En approchant de La Romieu nous apercevons la Collégiale La Romieu constituée d’un cloître, d’une église, de deux tours et des restes d’un ancien château. Nous entrons dans le village par une arche et arrivons sur une place centrale bordée de jolies boutiques et de deux restaurants.  Notre chambre d’hôtes l’Étape d’Angeline est justement sur cette place au-dessus du restaurant. Notre chambre possède un bain, ce qui est rare sur le Chemin.  La trempette fait des miracles et soulage nos muscles et surtout mon mal de dos. Encore ce soir, le restaurant est complet. Il y a beaucoup d'activités au village ce soir.


Au loin, la collégiale Saint-Pierre


Notre chambre d'hôtes chez Angéline

Au restaurant chez Angeline

1er septembre - Miradoux à Lectoure, 16 km

Note : Plusieurs d’entre vous m’avez mentionné qu’ils ne pouvaient pas laisser de commentaires s’ils n’avaient pas de compte Google.  Le problème est maintenant résolu, vous avez la possibilité d’utiliser l’option « Anonyme ». Donc inondez-nous de vos commentaires, nous avons hâte de vous lire.

Nous quittons Stéphane au gîte Bonté Divine à 8h00 en compagnie de Barbara la jeune allemande. Le temps est frais, 13 degrés Celsius, c’est un temps idéal pour marcher. Au bout de 5 km nous arrivons au village de Castet-Arrouy et c’est trop tôt pour s’arrêter pour une pause. Nous continuons donc notre route. Aujourd’hui nous marchons le long des champs et dans les sous-bois et très peu sur les routes, Serge et Barbara en avant et moi derrière car mon problème d’arthrose dans les orteils me ralentit.

Serge et Barbara à travers les champs

Voilà la balise, nous sommes sur le bon chemin
Nous ne rencontrons aucun village ni halte de repos pendant les 7 km suivants, alors lorsqu’au croisement de la route D248 nous voyons un kiosque de fruits et légumes, nous achetons des pêches et des tomates et nous nous installons à une table de pique-nique pour prendre notre repas du midi. 

Près du kiosque à fruits et légumes
Ayant fait le plein d’énergie, nous parcourons d’un pas plus rapide les 4 derniers kilomètres qui nous séparent de Lectoure. Déjà nous voyons la ville au loin.  Nous entreprenons une longue montée le long du magnifique cimetière de la ville. Il est 13h30 lorsque nous arrivons sur la rue principale. C’était jour de marché aujourd’hui et malheureusement les marchands vaquent à défaire leurs étals, nous arrivons trop tard.

Lectoure au loin

Le long du cimetière de Lectoure

Nous arrivons à Lectoure
Barbara se rend au gîte communal qui ouvre seulement à 15h00 tandis que nous allons à la Chambre d’hôtes Le Clos. C’est un endroit superbe et Joëlle nous accueille gaiement. En fin d’après-midi, nous rencontrons Barbara qui marche avec son sac à dos. C’est qu’elle a annulé sa place au gîte communal et elle part en voiture avec une employée de l’Office du Tourisme jusqu’à Condom où elle se reposera pendant deux jours. Nous lui faisons nos adieux car ce sera peut-être la dernière fois que nous la croiserons sur notre route.

Une impasse de Lectoure

Un jardin public à Lectoure
Ce soir, nous allons souper au restaurant Rouge Gorge où la cuisine est très renommée.  Heureusement que nous avions une réservation car c’est complet et plusieurs personnes sont bien déçues de ne pouvoir y manger.

31 août – Auvillar à Miradoux, 18 km

Des tortues ninja sont sur le Chemin ce matin, dont une bleue et une rouge. Elles s’appellent Serge et Patricia. Le temps est frais et nous marchons pendant 2 heures sous une pluie légère.  Les descentes dans les sentiers boueux sont glissantes et il faut bien s’accrocher à nos bâtons pour ne pas se retrouver sur le derrière. Les seules victimes sont nos souliers qui deviennent très pesants avec toute la boue qui s’y attache.

Les tortues ninja à Auvillar

Les pieds dans la boue
Nous retrouvons Brigitte et Lucie, les deux gentilles dames rencontrés à Durfort et marchons quelques heures en leur compagnie.  Lucie est d’origine américaine et établie en France depuis 40 ans. Toutes les deux travaillent à Paris dans le milieu universitaire. C’est toujours un plaisir de les retrouver.  

Avec Brigitte et Lucie à la buvette de St-Antoine
Le ciel se dégage et le soleil réapparaît. Le Chemin passe à travers la campagne du Gers et nous traversons les jolis villages de St-Antoine et de Flamarens. Dans ce dernier village, sur la place de l’église, des tables de pique-nique en pierre nous attendent. Nous nous y installons et Brigitte et Lucie nous rejoignent. Il y a aussi dans ce village un magnifique château datant du 12e siècle et les plus belles toilettes publiques de tout le Chemin.

Le village de St-Antoine-de-Pont-d'Arratz 

A travers les champs de tournesol

Dans la campagne entre St-Antoine et Flamarens

Le château de Flamarens

Au loin, Miradoux
Partis à 8h30, nous arrivons à 15h30 au gîte Bonté Divine de Miradoux, sans se sentir fatigués.  Le gîte a été complètement rénové avec goût par Stéphane et Nathalie, un jeune couple dans la trentaine, anciens pèlerins eux-mêmes. Ils y accueillent des pèlerins depuis 2012.   Nous y retrouvons Barbara, la jeune allemande, qui a commencé à marcher au Puy-en-Velay et qui veut se rendre jusqu’à St-Jacques de Compostelle (1600 km). Nous ne sommes que nous trois dans un dortoir de 12 lits.  Pour souper, Stéphane nous prépare du boudin blanc, du couscous et une sauce aux prunes, ce qui fait dire à Barbara qu’elle cherche un mari qui cuisine aussi bien que Stéphane.


Serge avec Barbara, la jolie allemande

Serge et son sudoku dans la balançoise
Le renard détrousseur de pèlerins