24, 25 septembre – Cordoba

En arrivant à Cordoba, nous allons tout de suite chez Europcar. Pas de chance, il faut laisser le GPS Tom-Tom à Séville en même temps que la voiture. Nous ne pourrons pas être remboursés pour les journées que nous ne l’utilisons pas.  En cours de route, j’ai cherché où nous pouvions stationner la voiture car nous logeons à Bed & Be, une auberge de jeunesse dans la vieille partie de la ville. J’ai trouvé un stationnement intérieur à deux minutes de là. Pour s’y rendre, je dois utiliser le GPS et mon téléphone cellulaire car nous perdons toujours les satellites.  Que je suis contente d’avoir persisté dans mes communications avec la compagnie Samsung afin de faire fonctionner mon téléphone! Il m’est très utile.

Nous sommes dimanche et bien d’endroits que nous aimerions visiter sont fermés ou ferment à 14h30.  Nous partons donc à la découverte de la ville en passant par la Mezquita (mosquée) que nous visiterons demain car il y a foule aujourd’hui, puis par les rues étroites du quartier juif où on peut admirer l’art et l’architecture populaire. Nous traversons le pont roman qui fut construit au 1er siècle, puis revenons en longeant l’alcazar. Nous nous réfugions au frais dans notre chambre grande comme un mouchoir de poche pour faire une sieste avant de partir à la recherche d’un restaurant pour ce soir.

Rue du quartier juif

Le long de la Mezquita

2 jeunes musiciennes qui savent vivre de leur art


Le pont roman


Les restaurants que nous avions choisis en marchant cet après-midi sont fermés en soirée. Nous nous arrêtons donc à un restaurant de tapas non loin de l’auberge de jeunesse.  Nous aurions dû nous en tenir aux tapas que la serveuse offrait car le risotto noir que j’ai commandé n’a pas très bien passé. Par contre, Serge était satisfait de sa salade aux tomates et il a même mangé tous les morceaux de poissons (melva, poissons qui sont pêchés sur la côte atlantique du Maroc).

Bravo Serge! Il a mangé tout son poisson
Comme la soirée est agréable, nous partons marcher le long de la rue Cruz Conde. Il y a moins de monde ce soir et la pénombre offre une certaine intimité avec la ville. Nous passons par le quartier juif où nous voyons de nombreux restaurants ouverts dont le menu nous rappelle la cuisine libanaise que nous aimons tant. Marlène, la maman de Mona, nous l’a fait connaître et l'a même cuisiner pour nous à plusieurs reprises. C’est dans ce quartier que nous aurions dû venir souper.
Dans le quartier juif, en soirée

Un restaurant où nous aurions aimé aller
Après avoir déjeuné sur le toit de l’auberge avec nos compagnons de chambre, nous nous rendons dès 8h30 à la Mezquita. De 8h30 à 9h30, nous pouvons la visiter gratuitement. Ensuite elle ferme et nous pouvons y retourner à 10h00 tout en payant le prix d’entrée. Évidemment il y a plusieurs sections que nous ne pouvons accéder qu’à compter de 10h00. Notre première visite nous a permis de prendre des photos sans avoir trop de têtes en avant-plan.

A l'intérieur de la Mezquita


La chapelle de San Juan de Avila

Le mihrâb, niche qui indique la direction de la Mecque



Il est 9h30, nous allons acheter nos billets pour monter dans la tour. Nous en obtenons pour 10h00. Puis nous allons faire la queue pour acheter des billets pour retourner visiter la mosquée et louer des audioguides car nous voulons en savoir plus sur l’histoire de cette Mezquita-Catédral. Il y a déjà une cinquantaine de personnes en ligne. Les guichets sont encore fermés et nous espérons pouvoir obtenir nos billets avant 10h00. Il y a une dame devant moi qui habite au Mexique et qui voyage seule.  Elle a 63 ans et vient de prendre sa retraite. Elle fait un voyage de trois mois qui la conduira jusqu’à Istanbul. Ce qui me fait dire que les limites que nous nous imposons sont celles dans nos têtes.  Nous obtenons nos billets à 9h57, juste à temps pour aller faire la file afin de monter dans la tour.

Le minaret (tour)






La vue sur Cordoba du haut de la tour
Il y a beaucoup plus de monde dans la mosquée à 10h00 mais sûrement moins qu’en après-midi.  Cependant nous pouvons en apprendre plus sur l’histoire de cette mosquée. Seule grande mosquée conservée en Espagne, celle de Cordoba est l’une des plus grandes du monde et est considérée comme le monument islamique le plus important de l’occident. 

Les musulmans arrivèrent à Cordoba en 711. Cordoba devint la capitale de l’Al-Andalous, une province de plus du Calif de Damas.  Abd Al-Rahman 1er fit construire une grande mosquée en 785. Deux cents ans plus tard, Al-Hakam II, deuxième calif, lança un nouvel agrandissement de la grande mosquée rendu nécessaire par l’augmentation de la population. La nouveauté dans cette extension est les colonnes sans base de couleurs rose veiné et bleu foncé. En accord avec la tradition islamique, la grande mosquée est composée de trois parties : le minaret (tour) le Saha (patio) et la salle de Prière.

L'extension de la mosquée datant de 962
En 1236, après la reconquête de la ville et sur ordre du roi Fernando III, la mosquée fut consacrée dans sa totalité comme temple chrétien, devenant ainsi la cathédrale de Santa Maria Madre de Dios.

La mosquée devient cathédrale


Comment se faire extirper 10 euros en 60 secondes?
A la sortie de la mosquée, deux dames nous abordent et nous remettent un petit rameau, nous prennent la main pour nous dire la bonne aventure. Naturellement, elles nous disent que nous vivrons vieux (c’est bien évident), que nous vivrons heureux et que nous avons de grands enfants. Ensuite rapidement elles tendent la main et disent qu’elles veulent de l’argent mais pas de monnaie car ça porte malchance. Je donne 1 euro à ma diseuse de bonne aventure mais ce n’est pas ce qu’elle veut, je lui donne un autre euro.  Pendant ce temps, l’autre dame fait la même chose avec Serge qui ne comprend pas trop ce qui se passe.  Il ouvre son portefeuille et la dame pointe le 10 euros. Serge le lui remet. Par souci d’honnêteté, c’est ce qu’elles disent, elles me remettent mes 2 euros et disparaissent avec l’argent de Serge. J’apprends ensuite à Serge comment dire « No tengo dinero » et aussi d’ajouter « mi esposa » si on insiste.  Je me chargerai d’être convaincante.

Nous retournons nous promener dans le quartier juif, que je trouve le plus attrayant.  Nous ne pouvons résister d’aller prendre un café et un gâteau dans un des plus jolis restaurants « El Patio Cordobès ».  


Au restaurant El Patio Cordobès


Nous quittons Cordoba vers 13h00 pour nous rendre à Granada. Les champs d’oliviers remplacent les champs de vignes que nous traversions en France.  Nous nous arrêtons à une halte sur le bord de la route pour pique-niquer. Notre menu ressemble à ce que nous mangions durant nos semaines de marche en France, mais cette fois-ci le pain baguette est sec et sans goût et il n’y a pas de fromage. Serge a trouvé un vieux chapeau sur la table. Je lui chante « Un mexicain magané ». Nos amis français avec qui nous avons marché se rappelleront de ce mot bien québécois.

Des champs d'oliviers

Serge en arrache avec la boîte de thon
Ce soir, nous nous installons pour 3 jours à l’hôtel Pasada del Toro, non loin de la cathédrale. Notre chambre est grande, bien décorée et j’ai un grand bureau pour écrire mon blogue. C’est un grand contraste avec la chambre de pauvre que nous avions hier.

23 septembre – Toledo, Consuegra

Après le déjeuner, nous plions bagages et laissons nos sacs à dos en sécurité à Oasis Hostal.  Nous nous rendons visiter l’Alcazar (forteresse) qui surplombe la ville de Toledo. Il est encore tôt, donc il y a peu de monde dans les rues et dans la forteresse. Reconstruite sous Franco, l’alcazar est maintenant un vaste musée militaire qui fait revivre le passé guerrier entre les espagnols chrétiens et les arabes musulmans au fil des siècles. La forteresse a été construite au 10e siècle par les musulmans et elle a été reprise plus tard par les chrétiens. Au 16e siècle, elle devint la résidence royale du roi Carlos 1, puis la cour déménagea à Madrid. L’alcazar devint alors une académie militaire.

L'alcazar de Toledo

Un guerrier arabe

Un guerrier espagnol

Un guerrier japonnais
La cour intérieure de Carlos V occupe la partie centrale de la résidence. Elle fut reconstruite après la guerre civile de 1936-1939. Au centre de la cour se trouve la sculpture en bronze de Carlos V.  Deux galeries superposées de style Renaissance font le tour de la cour. On s’y promène à l’ombre en imaginant les enfants qui ont pu se cacher derrière ces immenses colonnes.


La résidence de Carlos V dans l'alcazar

La cour intérieure

La promenade le long des galeries
Nous avons passé plus de temps que prévu à l’Alcazar, alors nous choisissons comme 2e endroit à visiter, la Sinagoga del Transito.  Elle est située à l’autre bout de la ville dans la partie basse. Nous essayons de nous y rendre à pied, mais le dédale des rues sans nom et la carte peu détaillée que nous avons, nous fait réaliser que nous perdrons trop de temps. Nous choisissons donc d’y aller par autobus. Je demande au chauffeur d’un autobus qui s’arrête, laquelle nous devons prendre et je comprends « Linea 12 ». Mais où la prendre? J’ai bien dû poser la question à trois chauffeurs d’autobus avant de trouver l’arrêt.  Sur l’affiche je vois qu’elle passe aux 60 minutes.  On n’a pas tant de temps à perdre, donc nous optons pour le taxi et nous arrivons à la synagogue en 5 minutes pour 6 euros.

Nous connaissons peu de chose de la religion juive, sauf que le Christ était juif et qu’il a fondé une nouvelle religion. Il faut croire qu’il n’était pas satisfait de sa religion de naissance.  C’est donc avec beaucoup de curiosité et d’intérêt que nous avons entrepris cette visite.  Cette synagogue fut construite en 1355 sous une permission spéciale du Roi Pedro I. La synagogue abrite maintenant le musée Sefardi qui nous fait connaître l’histoire de la culture juive en Espagne au fil du temps. Le quartier juif de Toledo possédait 10 synagogues au 15e siècle. Après l’expulsion des juifs de l’Espagne en 1492, la synagogue fut utilisée comme ermitage et caserne militaire.

Le mur des prières


La cérémonie de la circoncision

Un coupe juif sefardi d'époque
En sortant de la synagogue, nous voyons l’autobus 12 qui s’apprête à partir. Nous l’attrapons juste à temps.  Le chauffeur me parle en français; je lui demande comment il sait que nous sommes français. Il me répond « Ça se sent ».  Je me demande ce que je dois sentir…  Nous récupérons nos sacs à dos à Oasis Hostal, puis notre auto au stationnement et nous partons pour Consuegra.  Pourquoi cette ville? C’est parce que c’est là que nous pouvons voir les plus beaux moulins à vent de Castilla-La Mancha qui surplombent la plaine, sur les traces de Don Quichote, et visiter le château du 12e siècle. Ce château fut donné à l'Ordre de St-Jean de Jérusalem par le roi Alphonse VII en 1183. Pour entrer dans la salle des archives, il y avait deux portes à trois clés qui étaient gardées par de hauts dignitaires de l'Ordre; tout un coffre-fort. Serge s’est beaucoup amusé dans le château, comme en font preuve les photos qui suivent.  

Le château du 12e siècle

Serge a peur d'entrer

Serge où es-tu?

Le grand-prêtre Serge

Serge dans les jardins asséchés

Les moulins de Castilla-La Mancha

Pas de danger que vous voyiez mes rides!
En fin d’après-midi, nous nous rendons à Madridejos, une petite ville à 7 kilomètres de Consuegra,  où nous avons loué un appartement à El Olivo Azul. C’est agréable d’avoir plus d’espace qu’une chambre, on se sent comme à la maison.  Nous allons à l’épicerie acheter ce qu’il faut pour souper et déjeuner demain matin. Demain nous partons pour Cordoba. 

Serge a rechargé la carte Europe NT de Garmin qu'il avait acheté et maintenant nous avons les cartes d'Espagne et du Portugal.  Il nous reste à voir si on peut retourner le Tom-Tom chez Europcar dans une prochaine ville et se faire rembourser pour les jours non utilisés. 

22 septembre – Salamanca, Toledo

Nous débutons notre journée par un déjeuner type espagnol : jus d’orange, toast et café. Déjà nos déjeuners français avec yogourt, pain baguette et beaucoup de confitures nous manquent. Nous débutons la visite de Salamanca en retournant sur la Plaza Mayor. Elle n’a pas le même charme qu’en soirée mais on y retrouve son aspect social car les gens s’y rencontrent, c’est comme un grand salon de réception. Son style baroque, son aspect style renaissance et l’équilibre des proportions représentent parfaitement l’urbanisme de l’époque.  

La Plaza Mayor à Salamanca
Nous nous rendons à l’Université Pontificale où nous montons dans la Scala Coeli (les tours de la Clericia).  La Clericia c’est l’évocation des Jésuites et le monde qu’ils représentent. Elle fut fondée en 1611. Les missionnaires qui furent formés dans  ces murs étaient destinés à propager la foi catholique dans le monde et à combattre l’hérésie en Europe. En 1767, les Jésuites furent expulsés d’Espagne par Charles III. L’édifice fut abandonné et connu les guerres et la ruine.  En 1946 le bâtiment fut rénové et l’Université Pontificale fondée. Du haut des tours, nous avons une vue magnifique sur tous les édifices historiques de la ville.
 
En montant dans les tours

La coupole de la Cléricia

Nous montons dans le clocher

Une des 4 cloches

Au loin, la cathédrale nouvelle
Salamanca possède deux cathédrales, la nouvelle et l’ancienne. A la fin du 15e siècle, la population de la ville augmenta significativement grâce au développement et à la renommée de la Clericia. L’ancienne cathédrale était devenue trop petite et son style roman désuet. En 1513, on commença la construction du nouvel édifice, une des dernières cathédrales gothiques d’Espagne qui ne fut terminée que deux siècles plus tard. Les deux cathédrales sont construites côte à côte et la nouvelle semble protégée son aîné, plus petite et plus intime.  Catherine avait bien raison de nous recommander la visite de cette ville. Nous y serions restés plus longtemps car il y a tant à voir.


La Cathédrale Nouvelle de Salamanca


La chapelle de Jésus de Nazareth

Le Choeur

La chapelle du Président

Dans la Cathédrale Vielle
Nous quittons Salamanca vers 14h00. Il faut sortir du garage, l’auto est au 2e sous-sol et la pente est tellement forte et le passage étroit que je me ferme les yeux et j’ai peur.  Heureusement que Serge contrôle bien la conduite manuelle. Avant de prendre la route pour Toledo, il faut prendre de l’essence et ça presse car l’aiguille est au plus bas.  De l’autre côté de la rivière, nous voyons l’enseigne Leclerc où il y a habituellement une station-service et nous essayons de nous y diriger parmi les ronds-points en évitant de nous retrouver sur l’autoroute.  Le long des autoroutes, les champs sont jaunes, signe que cette région d’Espagne souffre de sècheresse.

Nous nous rendons à Toledo en trois heures de route. Notre hébergement ce soir est à Oasis Backpackers Hostal qui est situé dans la vielle partie de la ville. Nous n’essayons même pas de nous y rendre avec l’auto et nous allons plutôt à un des stationnements payants de la ville. Le responsable du stationnement est très gentil et nous explique en espagnol et par gestes comment nous rendre à Oasis. Avec une carte sommaire de la ville, nos sacs sur le dos et bien des arrêts pour demander notre chemin, nous arrivons à Oasis.  C’est une auberge de jeunesse très moderne et notre chambre est joliment décorée.  Nous nous rendons sur le toit pour boire et manger les biscuits achetés au café à côté de l’auberge. La vue sur la ville est superbe.  


Notre chambre à Oasis Backpackers Hostal de Toledo

La vue de Toledo du toit de l'Hostal

Petite pause bière et jus sur le toit
Nous faisons un tour de ville en passant par les petites rues pour nous familiariser avec les lieux. Le point central est la Plaza de Zocodover. Les gens s’y rassemblent et même tard en soirée, les enfants y jouent. Nous allons souper au El Trébol, restaurant un peu en retrait de la place publique.  Il est sûrement très connu par les espagnols car dès 20h00, heure de l’ouverture, les gens font la file pour avoir une table.  Heureusement que nous sommes arrivés un quart d’heure plus tôt pour prendre l’apéritif. Les tapas sont excellents, spécialement la Bomba Trébol que j’ai prise.


Tolédo dans la partie basse
Spectacle à Plaza Zocodover



Nous soupons à El Trébol

Les enfants à Plaza Zocodover le soir